Bien l'bonsoir bande d'otakus.
Je m'en reviens d'un petit concert ma foi bien sympathique. Eh oui, l'otaku sort aussi le soir, en quête de sang de vierge... euh non,
simplement pour se distraire. J'ai pu assister à un des petits concerts européens de Midori Hirano, actuellement en tournée. Je remercie pour ça hiero.fr et la librairie Baka Neko de Colmar qui
fournissait le cadre (bien familier) de la prestation.
De quoi s'agit-il? Je vous propose d'aller chercher quelques extraits sur son maspyce ou encore cette vidéo (c'est
celle de droite, avec les claviers).
Oui, on peut dire que c'est un peu de l'électro, pop aussi? Mâtiné d'influences classiques... original, parfois planant. Mais aussi assez
expérimental.
Bref, pas du prêt à diffuser standard, vous l'aurez compris.
L'organisation était bien faite, avec un démarrage à l'heure (j'ai entendu dire que ce n'était pas le cas à Nancy?), et finalement la boutique était à la taille du public. La taille, parlons-en,
il y a toujours des boulets trop grands qui ne comprennent pas qu'il bouchent la vue des petits. Enfin...
Notre artiste, à sa table, avait un synthétiseur et un autre clavier plus petit, un iBook, et deux pédales doubles. Et un micro, car elle
chante aussi parfois... Sa retenue (une inexpressivité pour qui n'est pas habitué à ces attitudes?) est à l'image de la musique, sans esbrouffe, sans effet injustifiés, concentrée sur le coeur de
la musique : introduction, développement du thème, chant.
Hélas, hélas, une bonne partie du public n'était pas à la hauteur. Quelle misère d'être aussi fermé d'esprit, et surtout de ne pas respecter
l'artiste : parlotte, ricanements bêtes. Tsss, n'ont-ils pas l'occasion de parler ailleurs? C'est pitoyable.
Ces lycéens étaient particulièrement rétifs aux aspects expérimentaux de la musique : exécution de bruits d'objets communs, repris pour
constituer le rythme... cela suscitait un rejet, qui les empêchait d'entrer dans cette musique, et de constater que les bruits devenaient l'ossature d'un morceau mélodique.
Mais oublions tout cela, et ne retenons que la discrète. Midori Hirano. Cette musicienne japonaise, qui a sorti son deuxième disque, vit entre
l'archipel nippon et Berlin... Elle réalise des remixes, et des compositions de films.
Après le concert, elle a bien évidemment répondu aux quelques personnes curieuses de l'interroger sur sa musique, et notamment sur ses
inspirations. Quand je lui ai demandé si elle avait été influencée par la musique expérimentale des années 50 et 60 (ces pionniers vraiment bizarres), elle a été assez surprise, comme il
s'agissait de la première fois qu'on lui demandait. Bon, c'était quelque chose que j'avais ressenti comme ça. Elle tire davantage d'idées des compositeurs découverts dans ses études de musique
classique : Bach, Debussy, Satie. Après l'université, elle s'est tournée vers la techno. Pourquoi a-t-elle ensuite changé de voie, pour aller vers un champ plus ardu, plus cérébral si j'ose dire?
Tout simplement parce qu'elle a estimé que le succès de cette musique y avait amené trop de monde. Voilà une attitude intéressante!
Sur l'attitude d'une partie du public, contrairement à mes craintes, elle n'est pas perturbée par cela : en effet elle s'y est habituée. Dans
une de ses interviews, elle voit ce public européen, qui parle quand il n'est pas intéressé, comme également enclin à davantage exprimer ses impressions quand elles sont positives.
Ce fut donc un petit concert agréable, comme je les aime, avec un échange avec l'artiste. Midori Hirano, merci!